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Loarnic en croisière

Ou quelques idées pour améliorer le confort et optimiser l'espace

Ce 26/11/2012

    
 

Indépendamment de la destination choisie, partager avec sa moitié un espace aussi restreint et spartiate que celui d'un Tabasco est déjà une aventure en soi.
Alors quand l'aventure dure 15 jours ou plus, le risque de se retrouver navigateur solitaire à vie devient non négligeable.
Heureusement, quelques astuces et équipements permettent de bien améliorer l'ordinaire.

Et puis un bateau où chaque chose tombe sous la main, c’est aussi un plus pour la sécurité.

A chacun sa recette, voici quelques astuces et aménagements réalisés sur Loarnic dans le but d’améliorer le confort et d’optimiser l’utilisation de l’espace.


    
 

Commençons par la cabine.

D'abord, 2 bonnes couches de peinture blanche bi-composant satinée. Ca change du gel-coat jaune pisseux d'origine !

Au dessus de chaque coffre, j’ai ajouté des filets vide-poches tendus sur des élastiques. Les pattes de fixation sont vissées dans le contre-moulage par des vis parker ultra-courtes, attention, on a vite fait d'aller chatouiller la peinture de la coque !


    
 

J’ai agrandi les trappes d'accés sous les bancs du cockpit pour pouvoir ranger et attraper plus facilement les affaires. J'ai juste laissé une bande de 3 ou 4 cm de largeur coté coque. Il n'y a plus de seuil, on peut faire glisser les sacs sans avoir à les soulever, et stocker des affaires plus volumineuses.

On m'avait mis en garde contre cette modification, susceptible de diminuer la rigidité de la coque.
Mais je ne pense pas que ce soit le cas. Avant d'agrandir les ouvertures, j'ai navigué 2 saisons avec la trappe tribord complètement désolidarisée du bateau, sans noter la moindre différence de comportement avec l'autre coté.


    
 

J'ai ajouté un robinet contre le puits de dérive. Il est articulé sur 2 axes et alimenté par une pompe à pied posée au sol.

Quand il ne sert pas, il est rabattu sous la descente.


    
 

La pompe à pied est inspirée d'un modèle du commerce.
Corps en tuyau PVC bâtiment diamètre 100, membrane et clapets en chambre à air de voiture, rappel par ressort inox.

Elle puise dans une bache à eau placée dans l'espace sous le cockpit, derrière le puits de dérive. C'est une douche solaire de 20 l, que j'ai doublé d'une bache PVC pour éviter qu'elle ne se perce avec le roulis.




La bache se remplit par un nable placé sur le plat-bord, devant la poulie de bras de spi.


    
 

J'ai fait 2 petits trous sur le bord des tablettes des coffres, ce qui permet de les emboiter sur des ergots vissés de chaque coté du puits de dérive dans le contre moulage.

Ca permet de poser une cuvette et de faire un brin de toilette, parfois la vaisselle, laver les légumes, préparer le repas sur le réchaud placé dans le coffre babord.

Dans ces conditions, la bache autorise 4 à 5 jours d'autonomie, c'est étonnant de voir à quel point on utilise peu d'eau si on change ses habitudes.


    
 

Pour pouvoir placer le réchaud à cet endroit, il faut des cartouches de gaz pas trop hautes. Les Primus sont les plus plates que j'ai trouvé, les 230g passent sans problème et offrent 5 à 6 jours d'autonomie.

Le réchaud est placé dans un cadre en tole d'alu rivetée adapté à la forme du coffre. Il est surbaissé et prend juste appui sur le redans du coffre afin de ne pas gêner la fermeture avec la tablette. Le cadre comprend 2 petits bacs, l'un sert pour mettre les couverts, l'autre les condiments.

Vu qu'il n'y a pas la place pour un cardan, le réchaud est simplement articulé et s'incline des 2 cotés sur 5 positions verouillables par une goupille à ressort, ce qui permet de cuisiner à la gîte.
Evidemment, il vaut mieux choisir un moment où on ne tire pas des bords...
Mais ce système nous a déjà permis plusieurs fois de manger chaud en naviguant sous voiles.
Sur cette photo, le réchaud est réglé à l'inclinaison maximale.


    
 

Toujours dans ce coffre babord, j'ai fixé à la choucroute 2 tiges d'alu qui maintiennent les ingrédients et évitent qu'ils ne s'entassent au fond, là où on range la popotte.


    
 

J'ai fait 2 ouvertures dans le tombant sous l’entrée, et installé 2 tiroirs.

Leurs dimensions sont : largeur 28 cm, profondeur 22 cm, hauteurs 6 et 4 cm, soit 2,5 litres chacun. C'est pas énorme, mais ils sont vraiment pratiques pour ranger les petits objets dont on a besoin aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Le crochet de fermeture de la porte a également été modifié, il pivote avec ressort de rappel, ce qui permet de fermer à clef de l'intérieur.


    
 

Sous les tiroirs, j'ai collé de chaque coté du puits de dérive un vide-poche en contre plaqué.

Sur cette photo, on voit les 2 baguettes collées qui guident le tiroir, le porte savon, un des ergots de maintien de la tablette, et le robinet rabattu contre le puits de dérive.


    
 

Vue d'ensemble.


    
 

J'ai posé des stores sur les hublots. Matériaux : chutes de toile de store Velux, tube alu fendu, ressort de jouet, billes de vélo, tube carbone de cerf volant pour l’axe d’enroulement.

A droite, une des liseuses, qui fera l'objet d'un autre article.


    
 

Contrairement à plusieurs d'entres vous, j'ai choisi de mettre les équipets sur l'avant de la cabine.

Matériaux : CP marine pour le fond et les motants, plinthe en pin verni pour la façade.


    
 

J'ai percé la baille de mouillage pour faire une aération (trappe de visite à visser) à l’avant de la cabine, bien utile en Méditerranée.

En laissant la baille entrebâillée, on crée un effet "manche à air" qui améliore encore la ventilation.

Le cordonnet fixé au centre du couvercle permet de le récupérer dans la baille et de refermer la trappe également de l’intérieur.

A l’usage, je conseille de ne pas centrer la trappe comme je l’ai fait, car elle est juste sous l'écoulement de l’évidement pratiqué dans le pont pour le taquet d’amarrage. Risqué en cas d’oubli de fermeture…


    
 

Dans le coffre arrière, j'ai installé des élastiques de chaque coté le long de la coque. Ils permettent d'utiliser la place perdue sous le plat-bord en y maintenant les objets en hauteur, et évitent que tout le matos s'entasse en vrac au fond.
Les élastiques sont fixés à des petits pontets en inox collés à la choucroute.

Ces 4 pares-battages de bonne dimension n'encombrent plus le coffre...


    
 




...et à babord, cette bouée fer à cheval non plus.


    
 

J'ai également posé des filets sur la façade avant.

Le tuyau que vous voyez remonter le long de la coque est le tuyau de remplissage de la bache à eau.


    
 

Dans le cockpit, je fixe contre le coffre une pochette pour avoir les objets utiles en navigation sous la main:
- carte
- VHF
- lunettes soleil,etc.

Vous pouvez voir aussi les 2 sangles de rappel qui courent le long du cockpit, mais qui en pratique servent plus à tenir les bouteilles quand on mange qu'à se faire les abdos...


Maintenant qu'il y a des rangements, y a plus qu'à ranger.

Pour charger un bateau, on met le plus lourd en bas, évidemment, en essayant de regrouper les masses le plus prés possible du centre de gravité du bateau. Le Tabasco par exemple, n’aime pas du tout être chargé sur l’arrière.
Ca, c’est la théorie. Après on compose en fonction de la place disponible.


    
 

En gros voilà comment nous chargeons Loarnic :

Dans le coffre creusé sous la table : toutes les victuailles et la glacière.

Dans les espaces sous le cockpit : à tribord le mouillage de secours, à bâbord le ou les jerricans d'eau et les bouteilles.

Dans les coffres en bout de couchettes : à bâbord le réchaud et la popotte, à tribord le fourre-tout d'Annie.

Dans les équipets sous les bancs du cockpit : l’engin flottant, les gilets, les sacs de voiles, de vêtements, les duvets.

Dans les équipets, filets et tiroirs de la cabine : les objets d’usage courant, le petit matériel de sécurité et de navigation.

Dans la coffre arrière : l’extincteur, la bouée fer à cheval, les pares-battages, la nourrice du moteur, le youyou gonflable, les pagaies, les cordages, les seaux et cuvettes, les chaussures, les palmes, masques-tubas.

En « croisière », la gaffe, le tangon et le taud de soleil sont attachés sur le pont à bâbord, sinon ils sont au fond, sous le cockpit.

Voila, j’espère que ça pourra vous être utile, bon vent et bon aménagements.

Denis


Commentaires

Nicolas le 2012-11-26 à 12:15
Merci pour ce superbe article, Denis! J'ai de quoi occuper tout mon hiver pour préparer Ti Loup pour la croisière en Croatie.
 
GCJ le 2012-11-26 à 14:21
Petit pinaillage: l'initiale gris-moyen n'est pas assez contrastée par rapport au fond, dans les vignettes "Article précédent" et "Article suivant". Sur mes divers ordinateurs, la plupart du temps il semble que la première lettre des titres d'articles est absente. A part ça, le site est intéressant et agréable. Amicalement G.C-J
 
Ouaibmasteure le 2012-11-26 à 14:32
Merci pour cette remarque. Je vais modifer cela de ce pas !
 
Nicolas le 2012-11-26 à 16:29
@Ouaibmasteure. C'est clair que pour le contraste, le rouge est inbattable. Mais c'est un peu flash, car utilisé un peu partout sur le site. Peut-être un essai avec du bleu foncé comme les titres d'articles?
 
QUELO le 2015-08-26 à 11:09
Excellent article, Bravo, Denis. Je vais m'inspirer de certaines solutions pour aménager Quelo. Attention cependant aux modifs qui touchent la structure même du bateau, ou sa flottabilité. Je ne pense pas que la découpe de la mini cloison devant les volumes sous plats bords soit dangereuse, je vais sans doute agir dans ce sens, mais en posant des renforts sur la partie restante de la cloison. On en reparlera...
 

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